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Description
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Joseph Hilarion Ferdinand Billot naît le 23 février 1819 à Aix(-en-Provence), dans les Bouches-du-Rhône. Il est le fils de de Jean François Cyr Billot (1789-18..), juge à la Cour de justice criminelle et spéciale du département au moment de la naissance, et de Marie Henriette Bertet (1786-1847), son épouse. Il est le cinquième d'une fratrie de sept enfants, tous nés à Aix entre 1811 et 1821. En 1821, le juge Billot est nommé conseiller à la cour royale de Metz, puis en juin 1823 procureur général en Corse; enfin, procureur du roi au tribunal de première instance de Paris, fin 1827. Suite à la révolution de juillet 1830, le juge Billot se montre fidèle aux Bourbons et refuse de prêter serment à Louis-Philippe. Il se démet de ses fonctions pour suivre Charles X (1757-1836) en exil. Parmi les personnalités de la suite, figure le petit fils Henri d'Artois (1820-1883), comte de Chambord, duc de Bordeaux, désigné héritier du trône de France. Ange-Hyacinthe-Maxence, baron de Damas (1785-1862), ancien Ministre de la Guerre est nommé précepteur de l'enfant, alors âgé de dix ans.
Les résidences successives de la Maison sont tout d'abord l'Angleterre, puis le Palais de HolyRood en Écosse. Grâce à ses bonnes relations avec les Habsbourg-Lorraine, Charles X s'installe en octobre 1832 au château de Prague, puis séjourne aussi, à partir de juillet 1833, au château de Buštěhrad. Les pères Druihet, jésuite, ancien provincial de Lyon, et Deplace, précepteur enseignent jusqu'en 1833. De 1832 à 1838, le juge Billot sert de précepteur pour le droit, alors qu'Augustin Louis Cauchy (1789-1857), polytechnicien, membre des académies des sciences de Paris, Turin, Prague, dispense les cours de mathématiques. En remerciement de son dévouement, Charles X accorde à Cauchy le titre de baron. Don de la duchesse d’Angoulême (1778-1851), fille de Louis XVI, la famille Billot hérite de terres localisées à la Toba (alors en Hongrie, actuelle Serbie). En 1836, Charles X décède du choléra, au château de Gorizia (Goritz, Italie), à l'age de 80 ans. Henri devient prétendant au trône. Les enseignements de Billot et Cauchy sont poursuivis jusqu'en 1838, date de la majorité d'Henri.
Le père et les enfants Billot les plus âgés séjournent et s'installent à Toba, sur les terres héritées. La mère, entourée des enfants les plus jeunes, retrouve Aix-en-Provence et Ferdinand Billot regagne Paris. Il revendique des cours et travaux de mathématiques faits avec Cauchy. En 1838, Ferdinand Billot poursuit sa scolarité au séminaire Saint-Sulpice d'Issy-les-Moulinaux. Il se lie d'amitié avec François Libermann (1802-1852), fondateur de deux congrégations religieuses missionnaires pour l'évangélisation de l'Afrique. Encouragé par ce dernier, il entre dans la Compagnie de Jésus en 1846, à l'âge de 27 ans, dans l'idée d'enseigner les mathématiques en collège. Au bout de quelques années, de 1854 à 1857, Billot enseigne à l'École Sainte-Geneviève à Paris, rue des Postes. Il est chargé de l’unique classe de mathématiques spéciales tout en étant préfet des études. En 1857, en tant que prêtre, il assiste Cauchy dans ses derniers moments.
De 1857 à 1860, Billot enseigne au collège Saint-Clément de Metz et prépare les candidats à l'École polytechnique en compagnie de Saussié (1857-1872), sous le rectorat du P. Stumpf (1817-1878). En 1860, il revient à Sainte-Geneviève, dans une école qui s'agrandit et rencontre de nombreux succès dans les préparations. En 1862 (peut-être 1861) est créée une deuxième classe de spéciales, pour les débutants ; Billot en est chargé sans interruption jusqu’en 1870, tandis que le p. Charles Joubert (1825-1906) conserve les anciens. En 1868, l'École de la rue des Postes fait recevoir 27 candidats à Polytechnique, 52 à Saint-Cyr, 22 à Centrale.
Pendant la guerre de 1870 (19 juillet 1870 – 28 janvier 1871) et un peu au-delà, l’école Sainte- Geneviève devient transformée en ambulance et les pères jésuites y soignent les blessés. Le 18 mars 1871 commence la Commune et un fort mouvement anti-jésuite et antireligieux se développe. La rentrée des élèves de la rue des Postes, prévue d’abord pour le 21 mars, est reportée au 12 avril à Athis-Mons. Dans la nuit du 3 au 4 avril, les gardes nationaux arrêtent le père Ducoudray, recteur de l’école et une vingtaine de prêtres, frères et domestiques, parmi lesquels Billot, pour les prendre en otage. Le 12 avril, tous sont relâchés sauf Ducoudray et deux autres prêtres, Clerc et de Bengy. Le 24 mai, Ducoudray, Clerc et quatre autres otages religieux, parmi lesquels l’archevêque de Paris, Darboy, sont fusillés dans la cour de la prison de la Roquette. Quarante-sept autres, sont fusillés le 26. Puis, la Commune est écrasée pendant la Semaine sanglante, du 21 au 28 mai.
Les cours reprennent à Sainte-Geneviève dans les derniers mois de 1870-71, avec Billot en première année de mathématiques spéciales et Joubert en deuxième année. Les effectifs des écoles préparatoires parisiennes chutent de manière considérable. En 1872-73, Joubert est absent pour cause de formation théologique, et les professeurs de spéciales sont Billot, sans doute en deuxième année, et le père Augustin Saussié (1826-1914), venu de Metz. À la rentrée de 1873, Joubert reprend les deuxième année et enseignera cette classe jusqu’en 1888. En 1873-74, le professeur de première année (61 élèves) est Billot ou Saussié. En 1874-75, il y a deux classes de première année (41 et 43 élèves), pour Billot et Saussié. Cependant, Ferdinand Billot tombe gravement malade. Il décède en activité à Paris le 8 avril 1875. Il était âgé de 56 ans. Il devient suppléé à l'Institut Sainte Geneviève par Robert d’Esclaibes d'Hust (1848-1918, X 1868), docteur ès sciences en 1880.
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Source
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https://drive.google.com/file/d/1_cuJh0sTHJoVgHj_SKP4Uy_ic-YCP7PC/view
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Famille Billot à Aix. Les rues d'Aix: ou, Recherches historiques sur l'ancienne capitale, Volume 2, 1848
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Déclaration de M. Cauchy. La Compagnie de Jésus en France : histoire d'un siècle, 1814-1914. Tome II. 1830-1845 / par Joseph Burnichon, p686
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Ferdinand Billot. When Jesuits Were Giants: Louis-Marie Ruellan, S.J., 1846-1885 and His Contemporaries, 1999, p107, p116
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La Bibliothèque jésuite de Jersey : constitution d’une bibliothèque en exil (1880-1940), par Sheza Moledina, 2002
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La Compagnie de Jésus en France : histoire d'un siècle, 1814-1914. Tome III. 1845-1860 / par Joseph Burnichon,
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Profession
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Religieux
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Professeur de mathématiques
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Nom dans la base
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Billot, Ferdinand (1819-1875)