Mathématiques et mathématiciens à Metz (1750-1870)
Dynamiques de recherche et d'enseignement dans un espace local
Sous la direction d'Olivier Bruneau & de Laurent Rollet
Tout au long du XIXe siècle, la ville de Metz est régulièrement décrite comme une ville essentiellement militaire et scientifique. La présence de nombreuses garnisons, de plusieurs écoles militaires, dont l'École d’application de l’artillerie et du génie, justifient sans doute le qualificatif de militaire. Mais qu’en est-il de ce qualificatif de scientifique ? La présence continue de nombreux mathématiciens dans les écoles militaires, dont plusieurs très importants, constitue probablement un élément de la réponse, tout comme l’existence éphémère d’une faculté des sciences. On pourrait également invoquer le rôle essentiel joué par le lycée, notamment à travers ses succès aux concours d’entrée aux grandes écoles du gouvernement. C’est sur la base de ce constat que cet ouvrage a vu le jour: étudier sur la longue durée, entre 1750 et 1870, les modalités d’enseignement et de recherche dans une ville de province, décentrer le regard de Paris et de ses élites, explorer le déploiement et la circulation des mathématiques au sein d’un territoire régional.
Entre la fin du XVIIIe siècle et la guerre de 1870, la ville de Metz constitue un pôle mathématique de première importance. Disposant de nombreuses institutions d’enseignement, civiles et militaires, elle accueille des mathématiciens importants (Jean Victor Poncelet, Claude Lucien Bergery, …) et ceux-ci y produisent des recherches de premier plan qui se diffusent également par leurs enseignements. La ville bénéficie par ailleurs de la présence de plusieurs libraires et imprimeurs dont les activités contribuent à la circulation des livres et des idées. Enfin, du fait de leur rôle central dans le paysage académique et institutionnel local, les polytechniciens en activité à Metz prennent une part active dans la diffusion des sciences à travers l’expérience des cours pour ouvriers. À travers différentes études de cas, cet ouvrage collectif entend apporter une contribution originale aux recherches portant sur l’histoire des pôles scientifiques de province tout en offrant aux historiens des mathématiques des pistes pour mieux comprendre les circulations – d’enseignants, d’étudiants, d’ouvrages, de revues, etc. – dans l’espace mathématique national.
Auteurs : Olivier Bruneau, Laurent Rollet, Jean Delcourt, Claire Willette, Renaud d'Enfer, François Vatin, Konstantinos Chatzis, Thomas Préveraud, Norbert Verdier, Philippe Nabonnand
Disponible au Comptoir des Presses d'Université et en librairie
Sommaire
- Introduction - Metz, un cas d'écoles. Olivier Bruneau & Laurent Rollet. p7
- I. La circulation des enseignants de mathématiques à Metz autour de 1800. Olivier Bruneau, p27
- II. La famille Gardeur-Lebrun, de Metz. Jean Delcourt, p45
- III. L'enseignement mathématique dans les écoles primaires messines (1817-1850). Claire Willette, p61
- IV. L'école gratuite de dessin de Metz et la formation mathématique des ouvriers (1814-1848). Renaut d'Enfert, p89.
- V. Claude-Lucien Bergery : œuvre sociale et pédagogie mathématique à Metz. François Vatin, p109.
- VI. Metz, ville d'édition mathématique. Konstantinos Chatzis, Thomas Préveraud, Norbert Versier. p135
- VII. Metz, ville scientifique et ville d'édition : le cas de Poncelet et de son réseau savant messin. Konstantinos Chatzis, Thomas Préveraud, Norbert Versier. p161
- VIII. D'Attel de Luttange ou l'échec d'une sociabilité mathématique. Olivier Bruneau. p183
- IX. L'activité et la sociabilité mathématiques à Metz entre 1821 et 1870 vues à partir des Mémoires de l'Académie de Metz. Philippe Nabonnand. p201
- X. Les enseignants de mathématiques du lycée de Metz (1804-1870). Laurent Rollet. p231
- Bibliographie des auteurs messins. p283
- Bibliographie secondaire autour de Metz. p297
- Index nominum